vendredi 14 juin 2013

Du travail ou de l’argent ? par Jacques Duboin

Du travail ou de l’argent ? 

par Jacques Duboin

un article écrit en 1954






Des milliers de chômeurs secourus demandent du Travail !

Des milliers de chômeurs non secourus demandent du Travail !

Des milliers de chômeurs partiels réclament du Travail !

Des milliers et des milliers de travailleurs qui, à 45 ans, ont perdu leur emploi, réclament du Travail, mais les patrons les trouvent déjà trop âgés...

Pour les jeunes sortant des écoles professionnelles et non embauchés,
 on réclame du Travail...

Pour les réadaptés, les mutilés, etc...
on réclame du Travail...

Pour les clochards, l’abbé Pierre réclame du Travail, 
car parmi ceux qu’il ramasse la nuit sur le trottoir, 
se trouvent des gens instruits 
 qui supplient qu’on leur trouve du Travail.

Pourquoi espérer trouver du Travail 
quand les magasins et les marchés 
regorgent de marchandises ?

Quand on solde et resolde des articles de tous genres ?  
Quand, dans le centre de Paris on en offre bientôt sous toutes les portes cochères ?        Quand, à la campagne, les greniers sont pleins, archi-pleins, les caves archi-pleines. 
Il existe tant de marchandises
 qu’on ne passe pas de commandes à certaines usines 
obligées de tourner au ralenti 
ou de fermer en licenciant leur personnel.
Pourquoi veut-on que les producteurs donnent du Travail ? 
Pour vivre ?
     Mais réclamons alors de l’argent pour acheter les produits dont on a besoin et qui existent. L’économie d’un pays n’a jamais eu pour objet de fournir du Travail aux hommes, mais de leur procurer des produits pour vivre.
    Est-ce de notre faute si les produits abondent et que le Travail devient rare ? 
   Inutile donc d’aller mendier de porte en porte du Travail qu’on nous refuse : 
ce qu’il faut exiger, c’est un revenu social sans lequel le droit à la vie devient une plaisanterie de très mauvais goût. 
 Le revenu social, c’est l’argent nécessaire pour exercer le droit à la vie;c’est l’argent nécessaire pour acheter notre part dans une production qui réclame toujours moins de labeur.
    Est-ce notre faute si cette production n’a eu besoin ni de nos bras ni de notre intelligence ? 
   Nous sommes tous les héritiers d’un gigantesque patrimoine accumulé grâce aux efforts de ceux qui nous ont précédés sur la terre. En conséquence, nous disposons d’un outillage puissant qui a produit toutes ces richesses qu’on ne parvient plus à vendre,et qui en produirait bien davantage puisque les machines sont infatigables.
    Le revenu social n’est donc que notre part individuelle dans l’usufruit de cet immense héritage collectif.
    Quant aux salariés, pourquoi ne réclament-ils pas leur « revenu social » au lieu de la traditionnelle augmentation de salaire qui n’est plus qu’une illusion ? C’est qu’ils sont peut-être fiers de toucher aujourd’hui un salaire, mais sont-ils bien sûrs de le toucher demain ?
    N’oubliez donc jamais que les travailleurs ne sont que les rouages d’une machine qui sera inventée demain. Ainsi le veut le progrès dans notre vieux système économique des prix-salaires-profits.
      En effet, le patron ne peut embaucher que le personnel dont son outillage a besoin, donc pas un ouvrier de plus. Et la concurrence française ou étrangère l’oblige de perfectionner constamment son outillage, donc de n’embaucher que toujours moins de travailleurs.
    Est-ce que le procédé de fabrication le plus moderne n’est pas celui qui exige le moins de main d’oeuvre ? Il faut donc en finir avec ce douloureux paradoxe de l’homme capable d’inventer une machine qui travaille à sa place, mais incapable de travailler pour lui.
      Hâtons-nous donc de réclamer pour tous le revenu social...
     On vous répond : où prendre l’argent ? Mais est-ce difficile d’en trouver pour faire la guerre, par exemple, celle d’lndochine ? En réclamant et en obtenant le revenu social pour tous les Français, sans distinction d’âge et de sexe, on rendra un immense service à l’État, car il sera obligé de transformer notre stupide système financier.
   Or cette transformation est nécessaire pour l’État lui-même puisque, comme la majorité des consommateurs, il est toujours à court d’argent. Voilà qu’il ne peut plus construire de logements...ll manque d’argent pour construire des écoles, des hôpitaux...
   En obtenant le revenu social qui permettra aux Français d’acheter toutes les marchandises produites par les Français, on sauvera les hommes politiques d’un ridicule qui les accable quand ils ignorent comment se procurer ces fameux «crédits», comme s’ils tombaient de la lune. Pourquoi manquent-ils quand on en a besoin ?
     Avec le revenu social, on fait la conquête du bien-être matériel et de la quiétude du lendemain. On réalise la véritable révolution sociale que les progrès du XXe siècle rendent obligatoire.
    Inutile d’édifier ces vieilles barricades meurtrières qui ont fait partie des révolutions des âges révolus. Il suffit de comprendre que le revenu social est nécessaire, indispensable et urgent.
      Et quand vous l’aurez compris, pourquoi ne le feriez-vous pas comprendre aux autres?


Un site remarquable, animé, entre autres, par Marie-Louise Duboin,
la fille de Jacques Duboin


Association pour l'Economie Distributive


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 Loi pour le contrôle des banques

jeudi 13 juin 2013

Des extrêmes capitalistes ont tué Clément Méric


Des extrêmes capitalistes ont tué Clément Méric


Clément Méric





Serge Ayoub, leader du groupe La Troisième Voie

 Anticapitaliste, Clément Méric a été tué par des fascistes. 
L’extrême capitalisme pousse sur un  terreau d’exclusion
cultivé par le  grand patronat. 
Un patronat, qui, au nom de ses privilèges
 ne décide qu’en terme de compétitivité, 
 de baisse du droit des salariés, et de chômage.
Espérant être financés par les milieux d’affaires, les militants de l’extrême capitalisme œuvrent en coulisse dans le sens d’une plus grande soumission des salariés, tout en promettant le paradis aux nationaux. Conséquemment, le rapport de subordination du salarié à l’employeur, inscrit en lettres d’or dans notre actuel Code du travail, est une arme redoutable, illégitime, mais légale, favorisant le développement des idées fascisantes.
Les  idéologies de l’extrême capitalisme ne sont pas la cause mais la conséquence d’une politique d’exclusion menée en faveur du grand capital…On questionne le Front National sur sa responsabilité morale dans la mort de Clément, mais personne n’interpelle le président de la République, le gouvernement, les élus, qui refusent d’abolir les lois scélérates accordant toute liberté au grand patronat pour répandre la misère par le démantèlement des services publics, la baisse de la protection sociale et le chômage.
Le PS comme l’UMP devraient savoir qu’historiquement, quand  les grands partis capitalistes traditionnels de la gauche et de la droite, perdent la confiance du peuple, le grand capital européen, voyant ses privilèges menacés, sait faire appel à des politiciens se réclamant des formes supérieures du capitalisme (fascisme, nazisme ou autres dictatures…).
Les fascistes espèrent, qu’à moins de cent ans de distance, les mêmes causes produiront les mêmes effets sur des populations en grande souffrance. Par des actions violentes, certains d’entre eux, cherchent à peser sur le cours des événements  Clément Méric en est mort…
N’oublions jamais que l’extrême capitalisme est né dans les années 20, dans un contexte de chômage de masse, dans une période oùpour la première fois dans l’histoire de l’humanité, le progrès technologique rendait inutile une multitude d’emplois dans l’agriculture et l’industrie… Comment ignorer que l’extrême capitalisme est une conséquence directe de ce remplacement des hommes par les machines et d’une certaine traduction en terme d’objectifs: selon que les gains de productivité sont utilisés pour le grand capital ou pour l’intérêt général, on a des sociétés d’exclusion et de misère ou des sociétés solidaires.
Concrètement, rien n’interdisait que tous ces gens ignorent  le chômage et aillent travailler, dans la santé, l’éducation, la culture etc…non pour le profit d’une minorité, mais pour celui de l’intérêt général.
L’histoire de l'extrême capitalisme, c’est l’histoire de décideurs économiques qui, arrêtent les productions, brûlent le blé, abattent des millions d’animaux, répandent le gazoil sur les stocks de nourriture, jettent le lait dans les égouts, voire interdisent tracteurs et machines-outils, n’hésitant pas à  faire tirer sur des chômeurs affamés réclamant du pain.
L’histoire de l'extrême capitalisme, c’est l’histoire de ce grand patronat qui détruit pour garantir les prix, garantir ses profits, garantir sa consommation de luxe au quotidien.
L’histoire de l'extrême capitalisme, c’est l’histoire de ces grands patrons qui, pour éviter le dépassement de la servitude salariale, créent artificiellement  la  pénurie. Une pénurie provoquant un état de nécessité généralisée poussant nombre de désespérés vers la  xénophobie et le racisme. L’histoire de l'extrême capitalisme, c’est l’histoire de ces patrons qui financent des partis fascistes ou nazis et qui apprécient les guerres pour la croissance de leurs seuls profits. Des patrons qui affirmaient après 1936:
« Plutôt Hitler que le Front populaire ! ».
L’histoire de l'extrême capitalisme, c’est l’histoire du parti nazi qui, une fois au pouvoir, rétablit le livret de travail salarié pour renforcer le pouvoir des chefs d’entreprise, envoyant travailler tout contestataire comme esclave dans des ateliers rattachés aux des camps de concentration.
  En 1923, dans une Allemagne en plein marasme, où s'opposent, d’un côté, les défenseurs du travail salarié, et de l’autre, ceux qui souhaitent l'abolir pour construire une société de producteurs librement associés, Hugo Stinnes, grand capitaine d'industrie, déclare à l’ambassadeur américain :
    « Il faut trouver un dictateur qui aurait le pouvoir de faire tout ce qui est nécessaire. Un tel homme doit parler la langue du peuple et être lui-même un civil. Nous avons un tel homme. »  Hitler venait de recevoir l'onction du grand patronat.
    Du statut d'homme de main au service des patrons, faisant le coup de poing à la tête de ses groupe d'extrêmes-capitalistes, attaquant les meetings anticapitalistes, tabassant, tuant les grévistes à la porte des usines, Hitler allait devenir un homme politique craint, écouté et respecté. Dès 1923, la plus grande fortune d'Allemagne, l'industriel Fritz von Thyssen, verse 100 000 marks or au parti nazi. 
     Financé, par un nombre grandissant d'industriels et de banquiers, ce parti prétend être celui  des travailleurs, alors qu’il n’est que le parti de la défense du travail salarié. Fort de 200 000 adhérents  avec un service d'ordre transformé en véritable armée privée au service de la bourgeoisie industrielle, bancaire, financière et commerçante.
     Les nazis appelaient à l'union sacrée des travailleurs et de l'Etat autour du grand patronat. L'appel à cette union, on le retrouve dans le programme de La Troisième Voie, groupe dont se réclament ceux qui ont tabassé à mort Clément Méric...
     Après le recul des Nazis aux élections de novembre 1932, une quarantaine des plus grands capitalistes d´Allemagne envoient une pétition au président Hindenburg pour exiger la nomination d’Hitler comme chancelier national. Leur vœu est exaucé.
      Le 20 février 1933, l'ancien président de la Banque nationale d'Allemagne, le docteur Schacht, organise une réunion avec les plus grands dirigeants industriels et financiers: 3 millions de marks sont versés pour financer la campagne électorale des nazis. Aujourd’hui encore, on enseigne aux écoliers, qu’Hitler a démocratiquement gagné les élections du 5 mars 1933!
      Mussolini, lui aussi, était très apprécié par les banquiers et les industriels, le 23 mars 1919, c'est dans dans un local appartenant au Cercle des intérêts industriels et commerciaux que le duce créera ses faisceaux de combat... tout un programme. A la tête de ses bandes armées, Mussolini se livre à de nombreuses agressions contre  les grévistes : dès le début, les fascistes italiens furent soutenus financièrement par Giovanni Agnelli, propriétaire des usines Fiat, le plus grand empire industriel d'Italie.  
En 1922, Mussolini reçoit le soutien unanime de la Confindustria et de Confagricoltura, deux confédérations qui regroupent le patronat industriel et les propriétaires agricoles de toute l'Italie.
La mort de Clément s'inscrit dans une longue liste de victimes, notamment en Grèce. Dans ce pays plongé dans une misère de masse par un endettement bancaire illégitime et criminel, le parti néo-nazi  Aube Dorée est entré au Parlement avec 7% de voix. Ses militants  attaquent en toute impunité, anticapitalistes, immigrés et homosexuels. Par ses agressions contre les grévistes, Aube Dorée se range résolument au côté du patronat.
    Le capitalisme, qu'il soit politiquement revendiqué par la  gauche ou par la  droite traditionnelles, qu'il le soit  par les fascistes ou par les nazis, le capitalisme exige la soumission des travailleurs au salariat, seule source de revenu pour le grand patronat et leurs collaborateurs politiques. 
Le capitalisme, c’est  l’expropriation systématique des petits producteurs indépendants, par l’endettement bancaire, à coup de taux d’intérêts scandaleusement illégitimes. Expropriés, dépossédés, il ne reste que le choix entre chômage ou salariat. Aujourd’hui, 92 % de la population active est salariée…
Les conseils des ministres se contentant d’enregistrer des décisions prises par les conseils d’administration du CAC 40, comment le PS et l’UMP peuvent-ils qualifier de démocratique une société dont le sort est totalement entre les mains de grands actionnaires qui se conduisent comme des prédateurs…des prédactionnaires ?
Banquiers et industriels n'hésiteront pas, le jour venu, à laisser tomber les politiciens d'hier, usés par le pouvoir, pour mettre à leur place ceux qui savent le mieux capter la confiance du peuple. N’oublions pas qu’Hitler ne fut jamais qu’un petit caporal porté par le  grand capital. Cet obscur indicateur de police serait resté un illustre inconnu, sans le soutien des milieux d’affaires.
 Le combat antifasciste, c'est surtout et avant tout, un combat quotidien contre le capitalisme qui nourrit en son sein, à coup de contradictions exacerbées, les conditions du développement des idées de l'extrême capitalisme.
 « J'ai beaucoup parlé d'Hitler. C'est qu'il le mérite : il permet de voir gros et de saisir que la société capitaliste, à son stade actuel, est incapable de fonder un droit des gens, comme elle s'avère impuissante à fonder une morale individuelle. Au bout du cul-de-sac Europe, il y a Hitler. Au bout du capitalisme, désireux de se survivre, il y a Hitler. » (Aimé Césaire, 1950)
Le  dépassement du capitalisme, mené en connaissance de cause, est vital afin de  passer  du travail salarié pour le profit au travail libéré pour la vie.
Alain Vidal, Libérons La Monnaie
Droit devant pour sortir du capitalisme dans la lucidité :

mardi 11 juin 2013

Une croissance libératrice occultée ...



Une croissance libératrice occultée ...

Ancienne scie à débiter les arbres en planches
Croissance du remplacement des hommes:
 -par les machines-outils, depuis 200 ans,
-par des robots, depuis des dizaines d'années



















   Face à la montée du chômage, des revendications sociales tout azimuts, le gouvernement s'escrime dans la recherche des solutions...insolubles dans ce système économique, caduc et dépassé structurellement par son gigantisme.
Dans ce contexte, espérant la reprise d'une croissance aussi rébarbative qu'évanescente, comme sœur Anne... il ne voit rien venir !
Erreur de diagnostic et de remèdes
  Les chantres du plein-emploi rament à contre-courant de la révolution technologique, confondant croissance des profits financiers (moteur et finalité du capitalisme) avec la croissance du partage des richesses et du partage des tâches non réalisées par les robots.
   On constate donc la décroissance de l'emploi dans le monde du travail, ce qui renvoie à cette équation à valeur d'axiome :
Croissance de la productivité + croissance du chômage = croissance de la production
   En retard de deux révolutions, les chantres du plein-emploi et autres thuriféraires attardés, égarés, cherchant des solutions d'un passé révolu, peuvent se faire du mouron !
Historique d'une croissance
     Sans remonter à l'âge des moulins à vent, si le19e siècle a connu l'ère industrielle, le 20e siècle nous amène à l'âge de la cybernétique : des machines automatisées de plus en plus performantes, utilisées en tous domaines, remplaçant des masses de travailleurs (euses) devenant inutiles et non rentables pour la société du fric !
Nous sommes à l'ère des robots dont l'application a sonné le glas d'un système économique datant de l'ère de la rareté : celle où nos lointains ancêtres labouraient la terre avec leurs ongles! La vie, voire leur survie, était leur hantise !
   Les générations suivantes espéraient qu'avec le temps les choses évolueraient favorablement. De ce temps révolu à nos jours leurs vœux sont exaucés!
Produisant à des cadences jamais égalées, cette armée d'automates conduit à un changement de civilisation: celle où le changement de milieu conduit à un changement de comportement ! Hors de ce changement culturellement positif, l'humanité risque d'aller vers une impasse antédiluvienne dévastatrice !
Croissance technologique et décroissance salariale
    Un exemple non-exhaustif : autour des années 60, produisant du fer blanc laminé, l'usine J-J Carnaud de Basse-Indre (Loire atlantique) employait 3100 ouvriers produisant annuellement 180 000 tonnes de fer blanc laminé.
En 2012, la même usine (Arcelor-Mittal) produit 370 000 tonnes de même métal, avec un effectif de 500 salariés, et un métal de qualité supérieure.
   Compte-tenu de ces chiffres, force est de constater que le coefficient de la main d'œuvre salariale se divise par 6 pour un volume de production multiplié par 2 ! 
    Dans ces conditions et pour ces motifs, parler de croissance économique pour créer des emplois relève d'une impossibilité mathématique, sinon d'une imposture !
Mêmes causes = mêmes effets
   Puisque la croissance de productivité entraîne la décroissance de l'emploi, en activités socialement utiles, comme sus-dit, la croissance du plein-emploi relève d'une mission impossible : à moins de tout détruire ! « faire et défaire donne du travail disaient certains aïeux ».
     Avec 60 millions de morts et de destructions massives, le conflit 39-45 a donné du travail au survivant pendant quelques décennies dans le domaine de la reconstruction (les Trente glorieuses, pour qui ?).
   Aurait-on oublié ce lien de causalité ? La rareté et l'échange source du profit !
    De ce fait, l'humanité se trouve actuellement dans le même cas de figure c'est à dire: assurer la croissance d'un profit dévastateur ou le supprimer !
Conclusion
   Citant une réflexion d'un génial économiste et humaniste du nom de Jacques Duboin, promoteur et défenseur du concept économique distributif (économie des besoins) :
 « Dès qu'une nation a moins besoin de travailleurs pour produire, elle doit leur distribuer un pouvoir d'achat pour qu'il consomme ».
    De ce fait, le revenu d'existence (revenu social) prend toute sa valeur et sa légitimité sociale.
  A l'ère de la révolution technologique, changer les structures du système économique en question, implique de passer de l'économie capitaliste, engendrant désordre, violence, etc…à un système économique axé sur la justice sociale (économie distributive) assurant le « droit à la vie » à tout un chacun, dans la décence et la dignité.
    La croissance du bien-être ne prévaut-elle pas sur celle conduisant aux antipodes d'une civilisation conséquente ?
 Ne pas oublier qu'au fond de la boite de pandore se trouve «l'espérance»...l'espérance que la croissance des emplois des esclaves mécaniques, conduise l'humanité à une grande relève du labeur humain, par le partage des fruits, socialement et humainement utiles, d'un progrès libérateur !

 Ernest Barreau, militant du collectif Libérons la monnaie 
16, rue du Clos Grillé, 
44640 Le Pellerin


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 loi pour le contrôle des banques


samedi 1 juin 2013

1698: la Sorbonne condamne la traite négrière


 1698
Le président du tribunal 
des cas de conscience
 établi en Sorbonne 
prend position contre la traite négrière


1698: Le président du tribunal des cas de conscience établi en Sorbonne
prend position. 
On demande si, en sûreté de conscience, on peut vendre des nègres?

Ceux qui en font scrupule disent:
 1-Qu'il y a de l'inhumanité d'acheter et de vendre des hommes.

2- Que n'étant pas permis d'acheter une chose que l'on sait être dérobée, on ne peut acheter des nègres, parce qu'ils sont pris et enlevés de force, c'est un vol usité parmi eux, ils se dérobent réciproquement. Cela est public et par conséquent il n'est pas licite d'entrer dans ce commerce avec eux. 

Ceux qui sont d'un sentiment contraire disent:
1. Que c'est un grand avantage pour ces malheureux ; parce qu'étant portés dans un pays chrétien, ils y sont instruits et baptisés, à quoi ils n'ont aucune répugnance, mais au contraire on trouve en eux une admirable disposition; et il y en a plusieurs qui demandent instamment le baptême, lors qu'ils sont parmi nous, pour être délivrés du diable, dont ils assurent qu'ils sont maltraités et battus; ils seraient privés de ce bonheur dans leur pays, qui est tout idolâtrie, et où il n'y a pas de missionnaires catholiques.

2. Tous les princes chrétiens permettent à leurs sujets de faire ce commerce.

3. Les Espagnols et les Portugais, qui se piquent d'être les meilleurs catholiques du monde, sont ceux qui en font le plus grand commerce.

4. Notre Roi Très-Chrétien ne fait point difficulté d'acheter des esclaves turcs, quoi qu'ils y en ait très peu qui embrassent le christianisme. 

5. Les nègres sont ordinairement mieux nourris, habillés et soignés dans leurs maladies chez les chrétiens que chez eux.

6 Le roi des pays où ils naissent souffre ce commerce. II permet aux chrétiens de faire battre le tambour pour avertir tous ceux qui ont des esclaves à vendre, qu'un tel jour il se présentera des marchands pour les acheter.

Après la confrontation des deux arguments, le tribunal des cas de conscience trouve injuste de pratiquer la traite négrière car il est rarement possible de démontrer que l’esclave acheté n’a pas été préalablement volé.

 G.Fromageau, président du tribunal des cas de consciences de la Sorbonne, le 15 avril 1698, déclare :
 « il suit de tout ceci qu'on ne peut en sûreté acheter ni vendre des nègres parce qu'il y a de l'injustice dans ce commerce »

LA FRANCE ET LA TRAITE NEGRIERE
Document réalisé par Frédéric Régent, 
Maître de conférences en Histoire Moderne
Université-Paris 1-Panthéon-Sorbonne 
Institut de la Révolution Française, 
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