mardi 26 mars 2013

Césaire: au bout du capitalisme il y a Hitler.


Aimé Césaire: 
au  bout du capitalisme, il y a Hitler.



 "Discours sur le colonialisme" 
1950

Extraits 

"Qu'on le veuille ou non 
- au bout du cul-de-sac Europe-
je veux dire l'Europe d'Adenauer, 
de Schuman, Bidault et quelques autres,
 il y a Hitler. 
Au bout du capitalisme, désireux de se survivre,
 il y a Hitler. 
Au bout de l'humanisme formel et du renoncement philosophique, 
 il y a Hitler."



   "Le grave est que « l'Europe » est moralement, spirituellement indéfendable.


     Et aujourd'hui il se trouve que ce ne sont pas seulement les masses européennes qui incriminent, mais que l'acte d'accusation est proféré sur le plan mondial par des dizaines et des dizaines de millions d'hommes, qui, du fond de l'esclavage, s'érigent en juges.


    On peut tuer en Indochine, torturer à Madagascar, emprisonner en Afrique Noire, sévir aux Antilles. Les colonisés savent désormais qu'ils ont sur les colonialistes un avantage. Ils savent que leurs « maîtres » provisoires mentent.

       Donc que leurs maîtres sont faibles.

   Et puisque aujourd'hui il m'est demandé de parler de la colonisation et de la civilisation, allons droit au mensonge principal à partir duquel prolifèrent tous les autres.

       Colonisation et civilisation?

     La malédiction la plus commune en cette matière est d'être la dupe de bonne foi d'une hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu'on leur apporte.



     Cela revient à dire que l'essentiel est ici de voir clair, de penser clair, entendre dangereusement, de répondre clair à l'innocente question initiale : qu'est-ce en son principe que la colonisation?
  De convenir de ce qu'elle n'est point; ni évangélisation, ni entreprise philanthropique, ni volonté de reculer les frontières de l'ignorance, de la maladie, de la tyrannie, ni élargissement de Dieu, ni extension du Droit; d'admettre une fois pour toutes, sans volonté de broncher aux conséquences, que le geste décisif est ici de l'aventurier et du pirate, de 
l'épicier en grand et de l'armateur, du chercheur d'or et du marchand, de l'appétit et de la force, avec, derrière, l'ombre portée, maléfique, d'une forme de civilisation qui, à un moment de son histoire, se constate obligée, de façon interne, d'étendre à l'échelle mondiale la concurrence de ses économies antagonistes.


   Poursuivant mon analyse, je trouve que l'hypocrisie est de date récente; que ni Cortez découvrant Mexico du haut du grand téocalli, ni Pizarre devant Cuzco (encore moins Marco Polo devant Canbaluc), ne protestent d'être les fourriers d'un ordre supérieur: qu'ils tuent; qu'ils pillent; qu'ils ont des casques, des lances, des cupidités; que les baveurs sont venus plus tard; que le grand responsable dans ce domaine est le pédantisme chrétien, pour avoir posé les équations malhonnêtes . christianisme = civilisation: paganisme = sauvagerie, d'où une ne pouvaient que s'ensuivre d'abominables conséquences colonialistes et racistes, dont les victimes devaient être les Indiens, les Jaunes, les Nègres.

    Cela réglé, j'admets que mettre les civilisations différentes en contact les unes avec les autres est bien; que marier des mondes différents est excellent; qu'une civilisation, quel que soit son génie intime, à se replier sur elle-même, s'étiole; que l'échange est ici l'oxygène, et que la grande chance de l'Europe est d'avoir été un carrefour, et que, d'avoir été le lieu géométrique de toutes les idées, le réceptacle de toutes les philosophies, le lieu d'accueil de tous les sentiments en a fait le meilleur redistributeur d'énergie.

   Mais alors, je pose la question suivante : la colonisation a-t-elle vraiment mis en contact ? Ou, si l'en préfère, de toutes les manières d'établir le contact, était-elle la meilleure?

    Je réponds non.

   Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie; que, de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine.

   Il faudrait d'abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliser le colonisateur, à l'abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu'il y a au Viêt-nam une tête coupée et un oeil crevé et qu'en France on accepte, une fillette violée et qu'en France on accepte, un Malgache supplicié et qu'en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s'opère, une gangrène qui s'installe, un foyer d'infection qui s'étend et qu'au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées, de tous ces prisonniers ficelés et « interrogés », de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l'Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l'ensauvagement du continent.

Et alors, un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s'affairent, Ies prisons s'emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets. 
On s'étonne, on s'indigne. On dit : « Comme c'est curieux! Mais, bah! C'est le nazisme, ça passera! » 

Et on attend, et on espère; et on se tait à soi-même la vérité, que c'est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries; que c'est du nazisme, oui, mais qu'avant d'en être la victime, on en a été le complice; que ce nazisme-là, on l'a supporté avant de le subir, on l'a absous, on a fermé I'oeil là-dessus, on l'a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s'était appliqué qu'à des peuples non européens; que ce nazisme-là, on l'a cultivé, on en est responsable, et qu'il sourd, qu'il perce, qu'il goutte, avant de l'engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

      Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique»

   Et c'est Ià le grand reproche que j'adresse au pseudo-humanisme : d'avoir trop longtemps rapetissé les droits de l'homme, d'en avoir eu, d'en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste.

     J'ai beaucoup parlé d'Hitler. C'est qu'il le mérite : il permet de voir gros et de saisir que la société capitaliste, à son stade actuel, est incapable de fonder un droit des gens, comme elle s'avère impuissante à fonder une morale individuelle.

  Qu'on le veuille ou non - au bout du cul-de-sac Europe, je veux dire l'Europe d'Adenauer, de Schuman, Bidault et quelques autres, il y a Hitler. Au bout du capitalisme, désireux de se survivre, il y a Hitler. Au bout de l'humanisme formel et du renoncement philosophique, il y a Hitler.

     Et, dès lors, une de ses phrases s'impose à moi: 
« Nous aspirons, non pas à l'égalité, mais à la domination. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Il ne s'agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d'en faire une loi. »

        Cela sonne net, hautain, brutal, et nous installe en pleine sauvagerie hurlante. Mais descendons d'un degré.

      Qui parle? J'ai honte à le dire : c'est l'humaniste occidental, le philosophe « idéaliste ». Qu'il s'appelle Renan, c'est un hasard. Que ce soit tiré d'un livre intitulé : La Réforme intellectuelle et morale, qu'il ait été écrit en France, au lendemain d'une guerre que la France avait voulu du droit contre la force, cela en dit long sur les moeurs bourgeoises."


















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mardi 19 mars 2013

Des salariés contraints au bracelet électronique


Des salariés contraints au bracelet électronique





                                                            Produire plus, et plus vite
                                                             L'argent, c'est du temps

      Une chaîne de cafétéria installée en Italie sur les aires d'autoroutes impose à ses employés de porter un bip qui se déclenche dès qu'ils restent immobiles plus d'une minute et demie...
     Les employés travaillent avec la peur de faire sonner le système et de déclencher l'arrivée de la sécurité...suite de l'article


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vendredi 8 mars 2013

Les 83 milliardaires du parlement chinois


Les 83 milliardaires du Parlement chinois




    Le nombre de parlementaires milliardaires est en augmentation de 17% par rapport à l'an dernier.

   Le Parlement de la Chine communiste, qui se réunit ces jours-ci pour sa session annuelle, est sans doute le plus riche au monde.
     Il compterait pas moins de 83 milliardaires en ses rangs, 
    Le plus jeune est Lawrence Ho, le fils de l'empereur des jeux de Macao Stanley Ho, âgé de 38 ans.
Suite de l'article:

vendredi 1 mars 2013

Un ancien résistant à François Hollande

Un ancien résistant à François Hollande

Ernest Barreau (de face, au premier plan avec un  fusil)
dans le maquis du Pellerin,  près de Nantes
Ernest Barreau (au centre)  pour ses 90 ans,
avec des membres de  Libérons  La Monnaie


 Ernest Barreau,  ancien résistant
 militant du Collectif  Libérons la Monnaie 
   
                                                                        à  François Hollande,
                                                                        président de la République
     
    Elu sous l'étiquette du socialisme, l'actualité prouve (une fois de plus ), que socialisme et capitalisme ne peuvent faire bon ménage : le premier est sacrifié sur l'autel financier du second !
     A l'ère de la révolution technologique, tous les paramètres se trouvent réunis pour passer du capitalisme au socialisme authentique que je nommerai « distributisme ».
     Etant donné les contradictions insurmontables du système économique, susdit, depuis longtemps périmé, auquel vous essayez d'atténuer ses effets pervers et dangereux, permettez-moi, Monsieur le Président, au modeste citoyen de la « France d'en bas » qui vous écrit ( ancien résistant ), de formuler les réflexions suivantes :
      N'oubliant pas qu'à travers votre mandat, il vous faut faire face à maintes situations, nombreux problèmes, etc …, tâche ardue n'étant pas de tout repos ! Sans sinistrose, objectivement avant de poursuivre une analyse, permettez moi de vous rappeler qu'il y a un an, au meeting du Bourget, en tant que candidat, vous affirmiez:
  « mon véritable adversaire, n'a pas de nom, pas de visage, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera pas élu et pourtant il gouverne . Cet adversaire c'est le monde de la finance ! » Ce constat indiscutable a aidé votre élection .
       Mais l'adversaire en question ( vous avez parfaitement raison ), la main invisible des marchés, non seulement gouverne, mais se radicalise en marchandisant biens et produits à son seul profit, le vivant y compris .
      Conclusion : la finance impose son diktat mortifère par politique interposée, d'où la question suivante: comment changer la situation ? Cet adversaire, colosse au pied d'argile, peut être vaincu par une force et un courage politique conséquents . Ne pas oublier que le peuple détient une force considérable : la multitude ! 
    Que cette force ne peut être opérationnelle qu'avec une cohésion sans faille, sans parti pris, capable d'atteindre l'objectif en question : la libération économique des peuples !
      Il importe à l'Etat, d'autant plus à un gouvernement se référant de socialisme, de reprendre la maîtrise de la création monétaire (ancien droit régalien) en fonction d'une production socialement utile, allant satisfaire les besoins indispensables exprimés par tout un chacun !
    Supprimant l'échange, non spéculative, non thésaurisable, etc …, la monnaie n'a qu'un rôle à remplir : celui de comptabilisation ! Sans cette maîtrise de création monétaire axée sur la justice sociale, les choses iront à vau-l'eau, avec conséquences prévisibles, donc évitables .
     Sous l'angle du profit financier (dont la rapacité est exponentielle) croissance, compétitivité, concurrence, emplois (inutiles ou nuisibles) sont des leurres : la Terre n'est pas extensible ! Liée à l'écosystème, la vie est fragile.
   A l'humanité de choisir : la bourse ou la vie !
        Avec l'espoir que vous portiez votre attention sur la teneur de mes propos, veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments humanistes et républicains…


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